Recevez les dernières nouvelles mises à jour continuellement sur les sujets les plus suivis avec NewsHub. Installez-le maintenant.

La Philharmonie de Paris vise les 100 orchestres d'enfants Démos en 2020

15 février 2018 13:45
44 0

Ce dispositif d'éducation musicale séduit les jeunes défavorisés comme leurs mécènes. Des Philharmonies des enfants hors les murs sont aussi à l'étude.

Il y a des concepts d'éducation artistique qui trouvent tout de suite leur public. C'est le cas de Démos, pour Dispositif d'éducation musicale et orchestrale à vocation sociale, imaginé par Laurent Bayle, directeur général de la Cité de la musique et président de la Philharmonie de Paris. Ces orchestres d'enfants issus de milieux populaires permettent une découverte de la musique classique et de la pratique instrumentale jusque dans les quartiers prioritaires ou dans les zones rurales isolées. Ils constituent aussi un outil de formation à la citoyenneté. Avec les ensembles récemment créés à Lyon et à Brest, cela porte à 30 le nombre d'orchestres Démos en France et à près de 3.000 ses jeunes bénéficiaires. Laurent Bayle ne compte pas s'arrêter là : « Notre objectif est d'atteindre les 100 orchestres pour irriguer le territoire de manière homogène d'ici à 2020 », explique-t-il.

Démos touche les enfants de 7 à 14 ans qui se voient tous confier un instrument et s'engagent à suivre - pendant trois ans - quatre heures de cours chaque semaine, encadrés par deux musiciens et une personne du champ social ou de l'animation socioculturelle. La moitié des apprentis musiciens décident ensuite de poursuivre la pratique d'un instrument en conservatoire. Chaque orchestre coûte 260.000 euros par an, somme apportées à parts égales par l'Etat, les collectivités locales, les mécènes. De nombreuses entreprises et de nombreux particuliers ont ainsi répondu à l'appel : Mécénat musical Société Générale, Fondations Daniel & Nina Carasso, SNCF, Total, Banque Populaire, Apprentis d'Auteuil, Lilian Thuram... Souvent les municipalités engagent ces projets au niveau, de leurs intercommunalités pour diluer les frais comme à Marne et Gondoire, en Seine-et-Marne.

Passée maîtresse dans l'enseignement collectif depuis sa création en 1995, la Cité de la musique s'est inspirée d'expériences similaires menées au Vénézuela et en Colombie et a fait de Démos un de ses projets majeurs. Elle a su élaborer une pédagogie reconnue nationalement et internationalement. Au point que Laurent Bayle veut désormais construire plusieurs Philharmonies des enfants, une à Paris, une en région (peut-être à Marseille) et une à l'étranger (peut-être à Téhéran qui est très demandeur). « Je me suis rendu en Iran. Dans un grand mall fréquenté par 100 millions de personnes par an, il pourrait s'ouvrir une Philharmonie des enfants sur 1.000 mètres carrés, avec ses salles, ses ateliers pratiques », précise Laurent Bayle. Dans ses locaux à La Villette, il reste encore un millier de mètres carrés inoccupés que le directeur de la Cité de la musique aimerait investir pour imaginer un parcours immersif et des espaces de manipulation des instruments.

« L'année 2018 est pour nous une nouvelle étape, nous allons formaliser ce qu'est une pédagogie collective de transmission musicale. Nous travaillons actuellement à une étude scientifique sur le cognitif pour mesurer les impacts de la pratique musicale sur l'empathie, la sociabilité, l'écoute, la coordination... De tous les arts, la musique est peut-être la discipline qui a le plus d'intérêt dans les autres apprentissages », précise Laurent Bayle, qui peut se targuer d'avoir réinventé le complexe musical du XXIe siècle : la Philharmonie I et II (Cité musicale) est le premier complexe de ce genre à avoir quitté le centre-ville pour un quartier périphérique à la sociologie inhabituelle dans l'univers du classique ; le premier aussi à se déployer sur l'ensemble d'un territoire en s'appuyant sur les acteurs existants, notamment les orchestres de région.

Source: lesechos.fr

Partager sur les réseaux sociaux:

Commentaires - 0