Sony débordé par les cyber-criminels

10 décembre 2014 16:45

6 0

Films, jeux, la firme japonaise est attaquée de toutes parts.

La bras de fer entre Sony et les cyber-criminels vire au mauvais film d’horreur. Tout d’abord, la firme américaine continue de subir les effets collatéraux des attaques contre sa filiale film, Sony Pictures Entertainment. Dernière mésaventure en date : la révélation sur le Web des échanges entre le patron de la division film, Amy Pascal et le PDG du groupe Kazuo Hirai, à propos de « The Interview », la comédie où est assassiné le dictateur de la Corée du Nord, Kim Jong Un, dans une opération organisée par la CIA.

C’est cette comédie, prévue pour le 25 décembre, qui a mis le feu aux poudres, et provoqué l’assaut des cyber-criminels. « Arrêtez immédiatement de montrer un film sur le terrorisme pouvant briser la paix régionale et provoquer la guerre », ont ainsi demandé sur Internet les « Gardiens de la paix », le groupe de cyber-pirates, qui a conduit l’attaque. « Vous, Sony, le FBI, vous ne pouvez pas nous trouver », se sont-ils moqué. Nul ne sait qui se cache derrière les Gardiens de la Paix. La Corée du Nord a bien juré de se venger si le film sortait. Mais elle a nié être à l’origine de l’assaut. Le FBI ne pointe pas officiellement Pyongyang du doigt. Mais la culpabilité de la Corée du Nord ne semble faire aucun doute .

L’échange d’e-mails publié sur le Net prouve en tout cas que la direction de Sony avait conscience de la sensibilité du sujet, même si le film est présenté comme une comédie. Kazuo Hirai est intervenu personnellement pour adoucir la scène dans laquelle meurt le dictateur. Il a également demandé à ce qu’il y ait une version expurgée pour l’international, hors Etats-Unis. Une intervention inédite de la maison mère sur le scénario d’un film, comme le dit Amy Pascal dans ses mails.

D’autres échanges publiés sur les sites américains révèlent aussi l’envers du décor du film sur la biographie de Steve Jobs. Trois ans après tenté de monter un projet, le japonais a finalement renoncé compte tenu de son risque financier, laissant la main à Universal.

En tout, Sony s’est fait dérober 33.000 documents. Cinq films ont été mis en ligne illégalement sur le Net, et 47.000 personnes se sont fait dérober leurs données personnelles (adresses, numéros de sécurité sociale, grilles de salaire...). Des employés de la firme ont même été menacés par mail par les fameux Gardiens de la Paix, promettant des représailles.

Financièrement, l’opération devrait coûter 100 millions de dollars, selon le Centre des Etudes Internationales et Stratégiques, cité par Reuters. C’est moins que les 171 millions de dollars qu’avait dû verser Sony pour réparer la brèche dans sa plate-forme PlayStation en 2011. Une centaine de millions d’utilisateurs avaient été visés.

D’ailleurs, étrange calendrier, la division jeux continue d’être la cible des pirates. Dimanche, la plate-forme de jeux a été paralysée pendant deux heures, sans qu’aucun lien ne puisse être établi avec les pirates de sa division film. Cet été, d’autres cyber-criminels non identifiés avaient déjà tenté de saturer la plate-forme par un trafic volumineux. Ils avaient aussi essayé de détourner l’avion de John Smedley, patron de la filiale américaine de jeux vidéos.

Source: lesechos.fr

Pour la page de catégorie

Loading...