Retrait d’Odinga à la présidentielle au Kenya: que va-t-il se passer maintenant?

11 octobre 2017 00:19

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Après le retrait de l’opposant Raila Odinga du nouveau scrutin prévu le 26 octobre, y aura-t-il une élection quand même ou bien Uhuru Kenyatta peut-il être déclaré président, comme le prétend le camp du parti au pouvoir ? Les spécialistes de la Constitution et du droit se déchiraient sur cette question dès l’annonce fracassante de Raila Odinga mardi 10 octobre.

Un nouveau processus électoral sera-t-il lancé ? D’après les juristes contactés par RFI, c’est ce que prévoit un arrêt de la Cour suprême de 2013. Tout retrait d’un des deux candidats avant le déroulement d’un nouveau scrutin entraîne l’organisation d’une nouvelle élection.

Tout reprendre depuis le début et nommer de nouveaux candidats dans les 90 jours. Cela repousserait l’échéance électorale à janvier 2018. L’opposition en profite pour appeler à profiter de cette période pour poursuivre les manifestations appelant à une réforme de la commission électorale.

Un point d’interrogation, et pas des moindres : le 1er novembre prochain expirent les pouvoirs du président en exercice. Et la loi kényane ne prévoit rien dans le cas où aucun président n’a été élu avant ce terme. Un vide constitutionnel dont se passeraient bien les Kényans après l’incertitude de ces derniers mois. A moins, rêvent certains habitants désabusés, qu’un accord politique entre les deux camps ne vienne éclairer l’horizon.

Certes, Raila Odinga avait envoyé à la commission électorale mi-septembre un document d'une dizaine de pages intitulé « Minima requis indispensables avant la tenue d'une nouvelle élection » dans lequel il listait toutes les réformes nécessaires selon lui à la tenue d'un scrutin transparent, des réformes réclamées aussi quasi-quotidiennement par ses partisans dans la rue.

Mais peu imaginaient que l'opposant historique, remis en selle par la décision inédite de la Cour suprême d'annuler la réélection d'Uhuru Kenyatta, prendrait le risque de se retirer du scrutin.

Car si Raila Odinga estime que son retrait est légalement synonyme d'organisation d'un nouveau processus électoral, Uhuru Kenyatta n'a pas la même lecture des textes et a d'ores et déjà affirmé que l'élection se tiendrait le 26 comme prévu, avec ou sans Odinga.

C’est donc une fois encore la justice qui risque de devoir trancher ce nouveau bras de fer. « La Cour suprême avait pris une décision forte et courageuse, mais les deux candidats ont gâché ce moment historique avec leurs discours et positions radicales et tout est à refaire : cette nouvelle période d'incertitude n'est bonne ni politiquement ni économiquement », souligne un analyste kényan. « Quant à la population, elle est épuisée par ces mois de tensions électorales. Seul point positif : peut-être que son aspiration à un retour à la normale permettra de réduire le risque de violences », ajoute-t-il.

Ce mercredi, l’opposition manifestera dans le centre-ville, où les commerces n’en peuvent plus de devoir fermer leurs grilles par peur du vandalisme. « La situation nous met mal en point. C’est assez pathétique. On perd des emplois. Et c’est en partie à cause de lui », confie Mohamed, qui tient une papeterie.

Si les personnalités de Raila Odinga et Uhuru Kenyatta divisent, les Kényans se retrouvent sur une chose, la peur de l’enlisement.

Source: rfi.fr

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