Rachat de Jazztel par Orange :  Bruxelles reste à convaincre

4 décembre 2014 23:00

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La Commission ouvre une enquête sur cette opération.

Les équipes d'Orange ont désormais presque cinq mois pour amadouer Bruxelles. Le rachat de l'opérateur espagnol de télécoms Jazztel par le groupe français fait en effet tiquer la Commission européenne, qui a annoncé ce jeudi l'ouverture d'une enquête approfondie sur cette opération de concentration. Cette procédure, qui s'achèvera le 24 avril, ne signifie pas que le deal de 3,4 milliards d'euros sera nécessairement remis en question, mais Orange va devoir s'engager à certaines mesures compensatoires pour convaincre l'exécutif européen que la concurrence ne sortira pas affaiblie en Espagne. « Si Orange ne fait pas Jazztel, Orange va se retrouver en face d'un vrai problème qui est celui de la convergence. J'ai du mal à imaginer que la Commission puisse bloquer l'opération par des remèdes excessifs », a réagi Stéphane Richard, le PDG du groupe français.

Cette opération intervient alors que le marché ibérique est en pleine phase de concentration. Un peu plus tôt dans l'année, Bruxelles a autorisé le rachat d'Ono par Vodafone, qui a donné naissance au deuxième acteur du pays dans le haut débit fixe à côté de Telefonica. Le nouvel ensemble Orange-Jazztel ravirait la deuxième place sur le marché et accéderait à la troisième sur le marché du mobile. C'est là que le bât blesse pour la Commission : celle-ci comptait à la fois sur Jazztel et Orange pour lutter face aux deux mastodontes. « Dès qu'on passe de quatre à trois acteurs sur un marché télécoms, la Commission tique généralement », analyse un connaisseur du dossier.

Sur ce point, Bruxelles avait pourtant donné l'impression ces derniers mois d'assouplir sa position, comme l'avait montré son feu vert au rachat d' E-Plus par Telefonica en Allemagne . C'est sans doute pour cela que Stéphane Richard s'est dit « un peu surpris de cette décision qui ne nous paraît pas vraiment aller dans le sens du message européen qui était plutôt favorable à la consolidation ». Mais « la différence est qu'on aborde là le marché de la fibre et de l'accès Internet. Le verdict qui sera rendu et les mesures qui seront réclamées par la Commission seront donc structurants et donneront un modèle pour toutes les opérations similaires à venir en Europe », estime un connaisseur du dossier.

Ce sera également pour la nouvelle commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, l'occasion d'affirmer sa doctrine quant aux modalités de la concentration du secteur.

Source: lesechos.fr

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