pouvoirs publics et ONG invités à anticiper la crise alimentaire en gestation

16 décembre 2013 19:54

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Des producteurs affiliés à la Fédération des associations paysannes de la région de Louga (FAPAL) ont invité lundi les pouvoirs publics et les organisations non gouvernementales d’appui développement à venir en aide aux populations de cette région dont une grande partie est menacée de famine en raison d’un déficit de production d’arachide et de céréales enregistré au terme de la campagne agricole de cette année.

‘‘Il n’y a pratiquement pas eu de récolte cette année. Nous sommes confrontés à un grand déficit de production. Tous les paysans de la zone sont inquiets. Si le gouvernement et les ONG n’interviennent pas, nous serons confrontés à une grave crise alimentaire’’, a averti Samba Diaw.

Ce producteur originaire de l’arrondissement de Sakal, dans le département de Louga, s’exprimait lors d’une réunion du conseil d’administration de la FAPAL, consacrée entre autres à la situation du monde rural.

‘’La dernière fois que nous avons été confrontés à cette crise remonte à l’année 1973. Le gouvernement doit vite agir avec ses partenaires pour reconstituer le capital semencier des producteurs afin d’éviter que cette situation ne se reproduise l’année prochaine’’, a-t-il suggéré.

‘’L’hivernage n’a pas été mauvais. Il a plu relativement tôt et nous avons procédé de la même façon que les années passées. Les récoltes ont été loin de nos attentes. C’est une volonté divine, mais il faut penser à apporter des vivres aux populations’’, a pour sa part indiqué Mbaye Laye Bâ, producteur agricole dans l’arrondissement de Ndande, dans le département de Kébémer.

‘’Je suis aujourd’hui âgé de 73 ans, mais je n’ai jamais vu une telle situation.

Cela témoigne de la gravité de la situation avec la famine qui menace les paysans. J’ai semé 400 kilogrammes d’arachide, mais je me retrouve sans production à l’arrivée. C’est la situation que vit la majorité des paysans de la région’’, a soutenu Ngagne Ndao, originaire de l’arrondissement de Mbédiène, dans le département de Louga.

‘’L’aide du gouvernement et de ses partenaires doit s’articuler autour de la reconstitution du capital semencier, de l’appui en vivres et en aliments de bétail. La crise touche également le bétail en raison de la raréfaction des pâturages’’, signale de son côté Pape Guèye, un producteur membre du FAPAL.

Fatou Sèye Ndiaye, présidente d’un groupement féminin du département de Kébémer, met en garde contre les conséquences de ce déficit de production sur les ménages et particulièrement sur les femmes qui s’activent dans la transformation des produits agricoles.

‘’Toutes les femmes membres des groupements féminins sont inquiètes. Non seulement il y aura des problèmes pour assurer la survie de nos familles, mais nous risquons de ne pas pouvoir nous adonner à des activités génératrices de revenus faute de céréales’’, a-t-elle ainsi déclaré.

Des dizaines de milliers de personnes vivant dans la région de Louga risquent d’être confrontées dans les mois prochains à une grave crise alimentaire en raison d’une faible production en céréale, avertissait récemment la Direction régionale du développement rural (DRDR), dans un rapport.

Celle-ci s’élève à 36.147,15 tonnes, alors que les besoins annuels de consommation sont de l’ordre de 129.389,4 tonnes, relevait-elle.

Ainsi, la production en céréales attendue pour cette campagne agricole devrait couvrir les besoins en consommation pendant à peine trois mois. Cela présage une rupture de la disponibilité en vivres dès le mois de février, selon la même source.

Parmi les conséquences attendues de cette situation figurent entre autres la baisse des réserves personnelles en arachide sur les marchés, de la production nationale en niébé, et du pouvoir d’achat des producteurs maraîchers, a prévenu la DRDR.

Source: senego.net

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