Le plan Borloo sans Macron

14 mai 2018 17:33

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Sans attendre qu'Emmanuel Macron tire la semaine prochaine ses conclusions du plan Borloo, une Fondation pour la qualité urbaine et rurale, soutenue par des élus locaux, va voir le jour.

Ne pas attendre Macron puisqu'il y a peu à en attendre. Une semaine avant les annonces présidentielles, le plan Borloo prend forme sans le chef de l'Etat. Action Logement et l'Agence nationale de l'habitat s'apprêtent à créer la fondation envisagée par Jean-Louis Borloo dans son rapport afin de relancer une rénovation urbaine au point mort. L'ancien ministre et les dirigeants des deux agences ont déjeuné ce lundi ensemble pour finaliser le projet. Dimanche, Xavier Bertrand , le président des Hauts-de-France, avait vendu la mèche. « Je pense que le plan de Jean-Louis Borloo vaut vraiment la peine d'être mis en oeuvre, et si l'Etat traîne des pieds, alors il faut le faire sans l'Etat ! », avait-il lancé au « Grand Rendez-vous » Europe 1- « Les Echos »-CNews.

Il n'est pas le seul. De grands élus locaux sont déjà prêts à participer au projet. Ils seront au conseil d'administration de la future entité. Pour obtenir leur appui, Jean-Louis Borloo a étendu son champ d'intervention : la fondation lancera des projets de rénovation dans les quartiers difficiles, mais aussi dans les zones rurales et les territoires outre-mer. En clair, dans les « territoires oubliés de la République », dit un acteur du projet, pour toucher au total 15 millions de personnes.

« En réalité, après le plan Borloo, tout le monde a compris qu'il ne se passerait rien », explique Xavier Bertrand, « que Macron embrasserait Borloo mais pour mieux le laisser étouffer par la technostructure, que l'Anru c'était fini. Et bien, non merci, si l'Etat ne veut pas faire, on va faire sans lui ».

L'opération a tout sur le papier pour plaire à Emmanuel Macron. Des acteurs qui se prennent en main, des projets susceptibles de réduire la fracture territoriale qui le caricature en « président des villes », des ressources « pérennes » qui n'entrent pas dans les critères de Maastricht : que rêver de mieux ? Le chef de l'Etat pourra se concentrer sur le reste dans son intervention du 22 mai, sur la cohésion nationale, sur l'éducation et sur les valeurs républicaines.

A ceci près qu'il y a le ton, et le moment. Les acteurs du terrain se saisissent du sujet sans attendre qu'on les prie de le faire. Ils le font en soulignant combien l'Etat fait défaut sur un sujet pourtant majeur. Après les APL, la rénovation urbaine... Macron et le logement, une histoire difficile.

Source: lesechos.fr

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