Lending Club : démarrage en fanfare à Wall Street

11 décembre 2014 14:52

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La startup de prêts entre particuliers Lending Club a démarré jeudi sa cotation à la Bourse de New York sur un bond de plus de 60%. A 44 ans, son patron, Renaud Laplanche, s’est imposé parmi les patrons qui comptent dans la tech américaine.

C’est un début en fanfare pour Renaud Laplanche et sa startup de prêts entre particuliers. Lending Club a en effet démarré jeudi sa cotation à la Bourse de New York sur un bond de plus de 60%. Le titre « LC » s’échangeait ainsi à 24,37 dollars, dans ses premières minutes d’échanges sur le New York Stock Exchange (NYSE). Cela représente une progression de 62,47%, comparé à son prix d’introduction, fixé la veille à 15 dollars.

Au total 58 millions de titres avaient été placés auprès des investisseurs au prix unitaire de 15 dollars, ce qui représente 8 millions de titres de plus que prévu. Le prix retenu pour l’introduction en Bourse, qui valorisait l’ensemble de l’entreprise à 5,4 milliards de dollars, était en outre supérieur à la fourchette prévue jusqu’ici de 12 à 14 dollars, déjà relevée en début de semaine par rapport au prix initialement envisagé de 10 à 12 dollars. La levée de fonds pourrait même atteindre le milliard de dollars en cas d’exercice (possible dans les 30 jours) d’une option de surallocation portant sur 8,7 millions d’actions supplémentaires.

Renaud Laplanche n’a rien de l’expatrié tel qu’on l’imagine. Pas vraiment nostalgique de la France, complètement immergé dans un business 100 % américain, le Montpelliérain a même acquis la double nationalité franco-américaine depuis peu. Une intégration parfaite qui a mené le quadragénaire jusqu’à Wall Street.

Sa formation ne le prédestinait pourtant pas vraiment à cette trajectoire. A la fin des années 1980, il partage sa vie entre ses études de droit à Montpellier et les compétitions de voile. Il est l’un des meilleurs de sa catégorie, devient même champion de France de Laser et il est pressenti pour représenter la France aux Jeux Olympiques de Barcelone.

Mais sa vie bifurque : il choisit de partir pour Paris, fait un master à HEC puis à la London School of Economics, avant d’entrer au cabinet d’avocats Cleary Gottlieb Steen & Hamilton, où il travaille sur les fusions-acquisitions technologiques. Le cabinet l’envoie à New York à la fin des années 1990. C’est l’époque de la frénésie Internet, de l’argent facile. Il décide de se lancer dans l’entrepreneuriat et fonde une première société, TripleHop Technologies.

Le 11-Septembre et la crise passent par là. La société, qui loue des bureaux dans le World Trade Center, est tout près de disparaître. Dans l’attentat des tours jumelles, elle perd des documents mais ses salariés sont sains et saufs et ses serveurs n’ont pas été touchés. Dès le lendemain, Renaud Laplanche et son équipe sont sur le pont. Le contexte économique se dégrade néanmoins : TripleHop se repositionne en lançant en 2003 MatchPoint, un moteur de recherche pour entreprises, adopté par de nombreux médias américains, comme CNN, ABC News, Dow Jones ou AOL. Le produit est un succès, la société est vendue en 2005 à Oracle. Renaud Laplanche aurait empoché une dizaine de millions de dollars dans l’opération et il part vivre en Californie, employé par Oracle.

Mais les grandes structures ne sont pas faites pour lui. Il tient quelques mois dans son nouveau rôle et l’entrepreneuriat reprend le dessus. Alors qu’il regarde son relevé de compte, il a l’idée de créer Lending Club. Les frais de sa carte de crédit lui apparaissent en effet disproportionnés et il cherche un moyen de faire baisser les taux d’intérêt. Alors que l’« économie du partage » n’en est à qu’à ses balbutiements, il conçoit donc une plate-forme de prêt entre particuliers. Sa structure plus légère de start-up lui permet d’économiser en frais de gestion et de proposer des taux bien plus avantageux que les banques.

Pour éviter les désagréments d’autres symboles de cette nouvelle économie, comme Uber ou Airbnb, il déploie ses talents d’homme de dialogue. Il va voir les autorités américaines de régulation et les banques et convainc celles-ci que leurs offres peuvent être complémentaires. Des talents qui semblent, aussi, avoir séduit les investisseurs, à tel point que le franco-américain pourrait se retrouver, après l’opération, à la tête d’une fortune de plus de 190 millions de dollars.

Source: lesechos.fr

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