L'OMC dans le flou à la veille du sommet de Bali - Économie - tdg.ch

1 décembre 2013 09:01

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Le round de négociations de Genève n'a rien donné: les 159 pays membres vont se retrouver dès lundi 2 décembre à Bali pour un sommet qui s'annonce compliqué. Les pays les moins avancés font le forcing pour aboutir à un accord.

Et si les délégations débarquaient à Bali sans base de travail? A l'issue du round de négociations qui s'est achevé à Genève le 26 novembre, l'OMC a dû se résoudre à un constat d'échec: «Nous n'allons pas à Bali avec des textes parachevés, nous avons échoué à trouver une convergence à Genève», a indiqué Roberto Azevedo, directeur général de l'OMC, qui a aussi concédé qu'il s'agissait là d'une «mauvaise nouvelle».

Pour lui, la tâche est ardue. Arrivé à la tête de l'organisation en septembre après huit années de mandat du Français Pascal Lamy, il va conduire son premier sommet en Indonésie alors même que l'OMC semble dans une impasse. En cas d'échec à Bali, la voie multilatérale pour régler les différends commerciaux perdrait durablement du poids au profit des accords bilatéraux.

Ces derniers, moins complexes à aboutir, ont le vent en poupe ces derniers mois. La Chine, les États-Unis et l'Union européenne notamment, mais également la Suisse, ont multiplié négociations et signatures. Tout en continuant d'affirmer leur soutien aux accords multilatéraux dans le cadre de l'OMC.

Si cette situation de blocage venait à se prolonger, les pays les plus impactés seraient les poids-légers du commerce mondial, incapables d'imposer leurs vues aux grandes puissances économiques dans des négociations bilatérales. D'où un forcing de la part du groupe des pays les moins avancés (PMA) pour aboutir à un compromis avant les trois coups du sommet de Bali.

Pour ces pays, la question est d'autant plus cruciale que les trois sujets discutés à Genève (agriculture, facilitation des échanges commerciaux et développement) les impactent directement. Or, lorsque les délégués ont constaté le blocage à Genève voici quelques jours, «il restait encore 10 textes sur la table», dixit Roberto Azevedo.

Pour les dirigeants de ces pays très pauvres, il est donc crucial que le sommet de Bali débouche sur un accord. D'où un intense travail mené tout au long de la semaine, après la fin du round genevois de négociations, pour arriver à un texte.

Jeudi, l'OMC a publié un communiqué faisant état d'un accord en vue sur un texte, en se basant sur une communication des pays les moins avancés: «Les PMA et les principales parties prenantes sont parvenus à un accord qui stabilise largement la section II du texte sur la facilitation des échanges».

Selon le document mis en ligne, cet accord «résout toutes les questions qui étaient en suspens», selon les PMA. Prudent, ce groupe de pays n'omet pas de demander «à tous les membres de l'OMC de prendre les dispositions nécessaires pour assurer le succès à Bali (...). Car le paquet de Bali est important pour la crédibilité du système commercial multilatéral».

L'accord qui serait intervenu, selon Moses Mosé, représentant des Îles Salomon, ne porte que sur le volet de la facilitation des échanges. Rien n'est dit sur les deux autres sujets majeurs qui avaient bloqué les négociations jusque-là.

Plusieurs options vont donc se présenter aux représentants des 159 pays membres présents à Bali de mardi 3 à vendredi 6 décembre: faire le forcing pour arriver à un accord sur les trois sujets, se contenter d'un accord a minima sur la facilitation des échanges, ou se séparer sans être parvenus à un texte réunissant l'assentiment de tous.

La clef de cette équation pourrait résider dans le subtil billard à trois bandes auquel se livrent la Chine, les États-Unis et l'Union européenne, soucieux d'apparaître sur la scène internationale comme les parrains d'un accord, sans perdre la face alors même que les gouvernants de ces trois blocs sont dans des situations de politique interne tendues. (Newsnet)

Source: tdg.ch

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