De nouveaux géants du secteur en gestation

1 décembre 2014 23:00

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Au Royaume-Uni, les ambitions de BT inspirent ses concurrents. Ce qui pourrait avoir des conséquences en Europe.

Le secteur est en ébullition. Il ne se passe plus un mois sans que des transactions ou des rumeurs de rapprochement ne fassent la une des journaux. Après l'Irlande, l'Allemagne, la France et donc le Portugal, tous les observateurs ont les yeux rivés sur le Royaume-Uni. C'est BT qui a déclenché les hostilités la semaine dernière en confiant ses ambitions dans le mobile. L'opérateur historique, cantonné au fixe depuis 2001, négocie le rachat de O2 ou d'EE à leurs propriétaires respectifs, Telefonica et le duo Orange-Deutsche Telekom. Quel que soit son choix - les analystes misent sur O2 -, cette transaction créera un nouveau géant, à même de changer le secteur. L'opération sonne le glas de la spécialisation des britanniques sur une seule activité, fixe ou mobile, une exception en Europe, où la convergence et le « quadruple play » deviennent la norme. La renaissance d'un « super BT » incite ses concurrents à bouger. Hutchinson, déjà présent avec Three, est prêt à récupérer la proie délaissée par BT. Les fonds Apax et KKR sont sur les rangs. Ce qui laisse penser, quelle que soit l'issue de ces batailles, qu'Orange sortira définitivement du Royaume-Uni.

L'offensive de BT a surtout piqué au vif Vodafone. Pour ne pas se faire distancer sur son marché domestique, le géant du mobile, richement doté depuis la cession en 2013 de sa part dans Verizon Wireless, songe à racheter Liberty Global, le câblo-opérateur présent outre-Manche avec Virgin Media mais aussi dans une douzaine de pays d'Europe. De quoi bouleverser encore le paysage européen du secteur avec la création d'un mastodonte pesant 130 milliards de dollars. « Les opérateurs en place en Europe pourraient à nouveau s'interroger sur la taille nécessaire pour pouvoir rivaliser avec un Vodafone élargi », écrivent les analystes de Nomura dans une note publiée hier.

De quoi relancer les spéculations sur la formation d'opérateurs transfrontaliers, notamment sur un mariage Orange-Deutsche Telekom, serpent de mer européen des télécoms ? Le marché n'est pas prêt à un tel « big bang ». D'un point de vue réglementaire (on est encore loin d'un marché unique des télécoms) mais aussi politique : les opérateurs demeurent des entreprises stratégiques dans de nombreux pays. « Il reste beaucoup à faire au niveau national sur des marchés comme l'Italie, la Belgique et aussi la France », remarque un expert du secteur.

Source: lesechos.fr

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