Le crédit d'impôt international relevé pour attirer plus de tournages

3 décembre 2014 23:00

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Un amendement soutenu par le gouvernement sera examiné en projet de loi de finances rectificative. Le plafond et le taux seront significativement relevés.

La France entend rester compétitive dans la lutte sans merci que se livrent les différents lieux de tournage. Après avoir mis en place en 2004 un crédit d'impôt pour éviter les délocalisations des films français, puis, en 2009, un autre pour attirer les tournages étrangers dans l'Hexagone, elle est sur le point de franchir une étape pour renforcer son attractivité. Un amendement a été déposé par quatre députés PS (Patrick Bloche, président de la commission des Affaires culturelles, Dominique Lefebvre, Jean-Louis Beffara et Pierre-Alain Muet) dans le projet de loi de finances rectificative pour 2014, actuellement en débat à l'Assemblée nationale. Une initiative que le gouvernement va soutenir.

Discret mais très important pour le monde du cinéma, cet amendement propose de relever de façon significative le crédit d'impôt international. Concrètement, il propose de faire passer son taux de 20 % à 30 % et son plafond de 20 à 45 millions. « C'est une très bonne avancée. Le plus important est bien sûr le relèvement du taux du crédit d'impôt », se félicite Jean-Yves Mirski, délégué général de la Ficam, la fédération qui regroupe les industries techniques.

Selon le CNC, le dispositif du crédit d'impôt international est un succès, puisqu'il a permis de faire passer de 33 à 110 millions entre 2009 et 2013 les dépenses annuelles réalisées par les oeuvres étrangères en France, pour 365 millions en cumulé. Ce dispositif a principalement bénéficié aux films américains et britanniques, avec de beaux succès à la clef comme les « Moi, moche et méchant », produits par l'américain Universal mais fabriqués par le studio français MacGuff. « Universal est venu en France pour les talents, mais reste pour le crédit d'impôt », avait déclaré Chris Meledandri, le producteur. Pour les films et séries d'animation, l'amendement propose également un relèvement du plafond du crédit d'impôt, de 1.300 à 3.000 euros par minute, ainsi qu'une hausse du taux, porté de 20 % à 25 %.

Mais la concurrence est de plus en plus féroce. Le relèvement était ainsi demandé avec insistance par les professionnels du cinéma, qui s'inquiètent de la baisse des investissements réalisés dans les films français (- 23 %) et surtout du nombre de tournages en France (- 17 %) depuis le début de l'année. S'il est adopté par les parlementaires, le crédit d'impôt nouvelle génération ne sera mis en place que début 2016, une fois que la Commission européenne aura donné son feu vert.

Source: lesechos.fr

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