Corruption à ciel ouvert: Le délégué régional des marchés publics du centre pris la main dans le sac :: Cameroon

8 décembre 2013 15:28

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La substitution des documents dans l'offre des entreprises pour faire gagner les marchés serait sa règle. Lorsque la commission des marchés envoie des propositions d'attribution, M. Tadjifu et Youwo Bertin, le Délégué Régional les soumet à ses proches collaborateurs pour les réévaluer, et généralement aux heures indues, c'est-à-dire la nuit.

Selon des sources dignes de foi, cette séance de vaudou se prolongerait parfois jusqu'à 4 heures du matin. Si l'entreprise proposée par la commission n'est pas celle, qui est passée à la caisse du Délégué, ce dernier demanderait à ses collaborateurs de tout faire polir éliminer l'entreprise proposée. Dans ce sens, il écrirait à la banque pour savoir si la caution présentée par l'entreprise est authentique.

Le cas échéant, il se susurre que le Délégué demande l'entreprise d'apporter la bonne pièce qu'il substitue à la mauvaise. Bien plus, il instruirait à ses collaborateurs de trouver un motif pour éliminer l'entreprise proposée par la commission et retourne le dossier en proposant l'entreprise qui lui a concédé 10 % de la valeur de la proposition financière de l'entreprise dans son offre. Fort malheureusement, ses collaborateurs qui nous ont rencontrés font état de ce que, cet argent qui provient des entreprises choisies ne leur est pas partagé équitablement. Le Délégué se partagerait donc ce pécule avec sa compagne qui ne serait nulle autre que Mme le chef de service des marchés des infrastructures. Le seul justificatif évoqué par lui, dans l'optique de se défendre, serait que cette dernière n'a pas de salaire.

Poussant dans les dénonciations, ses collaborateurs citent l'exemple d'un appel d'offres où l'entreprise Homacam n'avait pas été proposée par la commission qui avait estimé que cet appel d'offres était infructueux. Le Délégué a saisi la banque supposée de l'entreprise pour savoir si la caution de soumission présentée par cette entreprise Homacam était valable. La réponse de la banque était négative (voir la réponse fac similé). Le Délégué régional a chargé un certain M. Djontou d'aller chercher 4.000 000 de FCFA auprès du chef de l'entreprise Homacam ce qui a été fait. Le nécessaire étant fait le Délégué a adressé une lettre de relecture à la commission en envoyant une copie avancée de cette lettre au Ministre pour que ce dernier fasse pression sur la commission. La commission s'est opposée à cette proposition. Face à la résistance de la commission, il a offert une partie de cet argent à M. Djembele qui était chef de mission d'évaluation des marchés dans le Centre et qui est Directeur au Ministère des Marchés publics. M. Djembele et les membres de sa mission ont fait pression sur la commission pour que Homacam gagne le marché avec des pièces fausses.

La caution qui se trouve dans le dossier de Homacam et celle qu'il a glissée dans ce dossier, sont différentes, ayant procédé à la substitution de la mauvaise pièce par la bonne.

BENEFICIAL

Ils citent également l'appel d'offres où l'entreprise Somabel avait une police d'assurance fausse. La compagnie d'assurance Bénéficial l'a affirmé dans la lettre dont la copie est jointe. Le délégué également attribué ce marché à cette entreprise en méconnaissance de la fausse pièce qui, d'ailleurs, a été substituée. La substitution des pièces par l'autorité contractante pour améliorer l'offre d'un concurrent est non seulement une violation du code qui prévoit que les éléments de l'offre ne peuvent pas être modifiés par quiconque pour la rendre plus compétitive après qu'elle ait été déposée par le soumissionnaire.

Néanmoins, ces pratiques fleurissent à la Délégation Régionale du Centre. Aux dires de ses collaborateurs, beaucoup d'entre eux participent à ces pratiques mafieuses sans bénéficier d'une contrepartie financière appropriée. C'est ce qui avait amené M. Djontou, un de ses collaborateurs à aller prendre de l'argent auprès d'une entreprise sans le remettre au «chef bandit» comme on l'appelle sous cape. Et comme tous les chefs bandits, il a chassé ce dernier de la mangeoire régionale. Le pauvre n'a que ses yeux pour pleurer.

Source: 237online.com

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