Cette nuit en Asie : Pyongyang veut faire condamner les Etats-Unis à l’ONU

10 décembre 2014 03:58

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Le régime nord-coréen a appelé, ce mercredi, le Conseil de sécurité à condamner les Etats-Unis pour les «nombreuses violations des droits de l’homme aux Etats-Unis»... une référence au rapport du Sénat américain sur la torture pratiquée par la CIA.

A la suite des révélations d’un rapport du Sénat américain sur les sévices infligés à des dizaines de détenus liés à Al-Qaïda par la CIA , le régime nord-coréen a appelé, ce mercredi matin, le Conseil de sécurité à condamner les Etats-Unis pour les «nombreuses violations des droits de l’homme aux Etats-Unis». Le Conseil de sécurité, estime Pyongyang, confirmerait son «rôle méprisable (...) d’instrument des pratiques arbitraires des Etats-Unis» s’il débattait des droits de l’homme en Corée du Nord tout en «fermant les yeux» sur les agissements de l’un de ses membres permanents.

La charge de Pyongyang a tout de la provocation, au vu des pratiques du régime nord-coréen sur son propre territoire. Elle constitue surtout une contre-attaque, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU doit examiner, dans les prochaines semaines, la situation des droits de l’homme dans le pays stalinien. Un examen qui fait suite à l’adoption, en novembre, à l’Assemblée générale de l’ONU, d’une résolution demandant au Conseil de saisir la Cour pénale internationale (CPI) à ce sujet. La Corée du Nord se retrouve sur la défensive, même s’il est très peu probable que la procédure actuelle débouche sur des sanctions concrètes à son encontre, dans la mesure où la Chine et la Russie s’y opposeront probablement.

Les prix à la consommation ont augmenté, en novembre, de 1,4% en Chine. Cette statistique officielle, publiée ce matin, a surpris la plupart des économistes qui tablaient, en moyenne, sur une hausse légèrement supérieure. Ce chiffre est le plus faible observé en Chine depuis novembre 2009. Alors que la Bourse de Shanghai a connu, hier, une chute de plus de 5%, elle aussi inédite depuis 2009, ce sont bien les souvenirs d’une période très délicate pour l’économie chinoise qui refont surface. Si la baisse de l’inflation peut constituer une bonne nouvelle pour Pékin, dans la mesure où elle donne de la marge de manœuvre à la banque centrale dans l’hypothèse où celle-ci souhaiterait baisser les taux d’intérêt pour soutenir l’activité, elle apparaît surtout comme le symptôme du ralentissement en cours.

Car si les prix à la consommation continuent de s’apprécier légèrement, ceux à la production, en revanche, connaissent un déclin continu depuis février 2012. En novembre, ils ont chuté de 2,7%, soit leur plus sombre performance depuis la mi-2013. Or, les prix à la production constituent généralement un bon indicateur avancé des évolutions futures des prix à la consommation. Leur diminution traduit les difficultés que connaissent les industriels, confrontés à des problèmes de surcapacités en même temps qu’à une demande relativement faible. Avec ce contexte qui se rapproche d’une situation déflationniste, la Chine pourrait découvrir les contraintes qui sont associées à ce genre de situation : la baisse tendancielle des prix pousse les agents économiques, en particulier les ménages, à différer leurs dépenses, ce qui accentue un peu plus la morosité.

Apple a dû confirmer, mardi soir, dans la précipitation qu’il allait ouvrir au printemps prochain à Yokohama, près de Tokyo, un centre de recherche et de développement. L’information avait été révélée quelques heures plus tôt par le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, à l’occasion d’un meeting politique organisé avant les élections législatives de dimanche prochain.

Le chef du gouvernement conservateur, qui est confronté à une montée des discours critiques sur l’efficacité de sa stratégie économique, baptisée «Abenomics» , a expliqué dans un discours que le choix d’Apple était la preuve de la pertinence de sa politique. «Les entreprises étrangères ont commencé à investir au Japon», a assuré le Premier ministre, qui estime que la dépréciation du yen et la baisse annoncée de l’impôt sur les sociétés vont permettre d’attirer de nouveaux investisseurs dans l’Archipel. Refusant d’évoquer le montant de son investissement ou la taille de sa structure que Shinzo Abe a présenté comme l’une des «plus larges d’Asie», Apple a indiqué que le nouveau centre de développement technologique devrait permettre de créer «plusieurs douzaines d’emplois».

A trop utiliser d’engrais, la partie septentrionale de la Chine risque de voir sa productivité agricole décliner, avertissent des chercheurs. D’après l’«Economic Information Daily», la partie de la terre riche en nutriments y diminue d’un centimètre par an. Chen Wenfu, un chercheur cité par le journal, assure que «cela a pris 300 millions d’années pour que se forme ce terreau sur une épaisseur d’un mètre, mais désormais il se dégrade d’un centimètre par an».

Même si le chiffre mérite certainement d’être manipulé avec précaution, il pointe les ravages consécutifs à l’usage excessif de produits chimiques dans les exploitations agricoles chinoises. En 2010, Greenpeace avait calculé que la Chine consommait 35% d’engrais en trop par rapport à ses besoins. Le sol du nord du pays est réputé pour sa qualité et sa teneur élevée en composés organiques. Mais celle-ci diminue rapidement. D’après le même Chen Wenfu, le taux serait passé de 8% dans les années 1950 à 2% aujourd’hui.

Quelques centaines de manifestants s’étaient réunis, ce mercredi matin, à Tokyo pour manifester une dernière fois leur opposition à la nouvelle loi sur la protection des secrets d’Etat qui entre en vigueur aujourd’hui et qu’ils jugent liberticide. Le texte qui a été voté il y a un an doit permettre à Tokyo de rassurer ses alliés, et particulièrement les Etats-Unis, qui s’inquiétaient, depuis plusieurs années, de l’incapacité de l’Etat nippon à contenir au sein de ses services des informations jugées extrêmement sensibles pour la sécurité régionale. Plusieurs services de renseignement étrangers auraient ainsi régulièrement refusé de partager avec leurs collègues nippons des données de peur de les voir «fuiter» dans la presse ou ailleurs.

Pour tenter d’empêcher ces fuites, la nouvelle loi étend la possibilité pour le gouvernement de classer «secrets d’Etat» toute information jugée sensible relative à la défense, la diplomatie, le contre-espionnage et la lutte antiterroriste. Et les fonctionnaires qui auraient participé à la révélation de ces données classées pourront désormais être condamnés à des peines allant jusqu’à 10 ans de prison. Les personnes encourageant ces fuites, comme les journalistes, risquent, elles, une peine de cinq ans de prison. Les opposants à ces dispositions dénoncent le manque de précision de la loi qui ne définit que vaguement le concept de secret d’Etat et pourrait dès lors couvrir de multiples domaines. Ils regrettent aussi le manque de structure de contrôle de ces nouvelles dispositions.

Source: lesechos.fr

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