Cathédrales et chapelles, Crible

1 décembre 2014 23:00

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« Dieu écrit droit avec des lignes courbes », dit un proverbe portugais.

Le nouveau démiurge des télécoms, Patrick Drahi, rédige, lui, une nouvelle page du chapitre de la consolidation de l'industrie avec la courbe des taux d'intérêt qui lui permet de suivre sa propre ligne directrice, celle de la construction d'un leadership dans plusieurs marchés. La montagne de 19 milliards d'euros de dette nette de son holding Altice devra s'adjoindre une belle flèche pour financer les 7,4 milliards de l'acquisition de Portugal Telecom qui en fera le numéro un local. Le propriétaire du numéro deux français, Numericable-SFR, a dû ajouter 5 % à son prêche initial pour amadouer le vendeur, le brésilien Oi. Mais la véritable différence est venue de la petite musique du choeur de ses banquiers - Morgan Stanley, Goldman Sachs, JPMorgan, Credit Suisse et Deutsche Bank apportant un financement ferme de l'opération - que ne pouvait faire entendre l'autre candidature, celle du tandem des fonds d'investissements Apax et Bain. Le quintette bancaire sait que la foule des prêteurs obligataires se pressera dans cette nouvelle chapelle sans se faire prier. En échange de rendements attractifs, celle-ci est prête à brûler quelques cierges et les habituels ratios d'endettement qui sont censés la protéger. Ceux d'Altice peuvent ainsi intégrer les synergies attendues des acquisitions, ce qui permet de les payer plus cher. Un dogme qui suppose que soit brisé celui des prix bas pour le consommateur européen.

Source: lesechos.fr

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