Bientôt une estampille « Fairtrade » pour la musique en streaming

4 décembre 2014 16:39

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Bientôt une estampille « Fairtrade » pour la musique en streaming

Alors que la musique en ligne a la réputation de mal payer les auteurs, ceux-ci veulent mettre en avant les sites adoptant une répartition plus juste.

Un label « Fair Trade » (« commerce équitable ») – sur les plates-formes d’achat de musique en ligne comme il y en a sur les bananes ou les paquets de café ? Alors que les coups d’éclat de musiciens (Taylor Swift, Radiohead, etc...) contre certains services incitent à lever un coin du voile sur la complexe répartition des droits dans ce domaine, c’est peut-être pour bientôt. En tout cas, le Conseil international des créateurs de musique (Ciam) et la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (CIisac) y travaillent.

Représentant des auteurs du monde entier, ces associations ont approuvé le principe du « Fairtrade Music » lors de leur congrès 2013 au Costa Rica et ont publié le mois dernier à leur congrès annuel à Nashville une étude servant de base de travail. « Reste à obtenir la transparence sur la répartition des revenus de la musique en ligne, puis à contacter les organisations d’utilisateurs, puis à s’adresser aux Spotify de la planète, et enfin à créer un comité indépendant qui pourra décerner un label “Fair Trade Music” aux plates-formes Internet de musique en ligne », explique Lorenzo Ferrero, président du Ciam. Cela fait beaucoup d’étapes... Mais ce compositeur italien espère que ces estampilles – qui n’ont pas de lien direct avec celles utilisées dans l’agroalimentaire – seront prêtes à récompenser les bons sites d’ici à trois ans. Comme dans l’agroalimentaire, le but est que, à défaut de lois, les consommateurs privilégient les plates-formes labellisées, voire boycottent celles qui ne le sont pas.

Des représentants de musiciens comme Believe Digital disent déjà jouer la carte d’un reversement plus juste en faveur de ces derniers. Cela dit, dans le monde du streaming, qui semble représenter l’avenir de la consommation de musique en ligne, il est de notoriété publique que les auteurs ne sont pas particulièrement bien traités.

L’étude publiée le mois dernier par le Ciam montre ainsi que si les sites de streaming reversent 60 % à 70 % de leurs revenus aux ayants droit (ce devrait être 80 %, plaide le Ciam ), ce sont principalement les maisons de disques, qui sont également actionnaires de certaines plates-formes, dont Spotify, qui en bénéficient. Celles-ci, avec les interprètes, touchent en effet 96 % de ces sommes, contre 4 % pour les auteurs et éditeurs de ces musiques, calcule le Ciam. Comme le dit un éditeur dans une longue enquête récente du « New Yorker » sur Spotify, « les majors ont sacrifié leurs divisions publishing pour sauver leurs labels. Les artistes se sont donc fait avoir ». Chaque mois, Spotify, par exemple, verse ainsi aux labels de l’argent en fonction des parts de marché de leur catalogue dans les « streams » – mais les labels sont libres ensuite de redistribuer cet argent à leurs artistes comme ils se sont entendus pour le faire. Spotify, il est vrai, promet des revenus substantiels aux auteurs lorsqu’il aura plus d’abonnés payants. Et le seule alternative est la musique piratée, c’est-à-dire ne générant aucun revenu. Les auteurs ont donc tout intérêt à militer pour ce « commerce équitable ».

Source: lesechos.fr

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