A Dakar, la course enflammée aux stations-service

1 avril 2015 19:27

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A Dakar, la course enflammée aux stations-service

D’après le ministère de l’Energie, il y aurait un peu plus de 500 stations-service au Sénégal, dont une grosse majorité concentrée à Dakar et ses environs. Total Sénégal, principal acteur avec 55 % du marché, revendique un réseau de 175 « essenceries » sur le segment Terre. Viennent ensuite Shell-VivoEnergy, Oilibya qui a repris Mobil, Oryx Energies, le « major » local Elton… Sans oublier toutes ces petites sociétés étrangères et surtout locales.

Pour expliquer cette recrudescence subite de stations-service dans la capitale sénégalaise, des experts et fonctionnaires du secteur avancent plusieurs facteurs. Il y a d’abord un enjeu financier avec une « part de gâteau » évaluée à environ 1 000 milliards de francs CFA (environ 1,5 milliard d’euros). « Pour des questions de volume et de visibilité, la présence des sociétés pétrolières à Dakar est fondamentale », indique Ameth Guissé, président de l’Association sénégalaise des pétroliers (ASP), qui regroupe les principales compagnies locales.

Dakar, qui ne s’étend que sur 0,3 % du territoire sénégalais, concentre à elle seule 70 % du volume national de carburant. Celui-ci est évalué à quelque 2 milliards de litres par an. « C’est la raison essentielle pour laquelle les sociétés pétrolières cherchent surtout à s’installer à Dakar même si, avec le tracé de nouvelles routes à l’intérieur du pays, il y a des volumes qui deviennent intéressants aussi ailleurs », souligne Ameth Guissé.

« Les marges ne sont pas élastiques, mais elles subissent l’effet des économies d’échelle : plus on vend de litres de carburant, plus on gagne », reconnaît indique Ameth Guissé. Le 22 février, la marge des distributeurs est passée de 59,60 francs à 61,6 francs CFA par litre, tandis que celle des détaillants a bondi de 10,5 francs à 14,5 francs par litre.

Reste à savoir si les règles d’ouverture de stations-service, contraignantes en théorie, sont respectées. Les populations des environs de la baie de Hann, dans la proche banlieue dakaroise, ont exprimé récemment leurs craintes face à la multiplication de ces stations.

Mais en période de disette, les mairies accueillent avec toujours plus de bienveillance de nouvelles stations-essence. Selon Ibrahima Seck, secrétaire municipal de la commune d’arrondissement de Fann-Point E-Amitié, les taxes payées par les stations domiciliées sur son territoire rapportent de 6 à 7 millions de francs CFA (entre 9 200 et 10 600 euros) chaque année.

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Source: leral.net

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