A 70 ans, « Le Figaro littéraire » veut rester à la page

11 octobre 2017 15:51

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Les suppléments littéraires ne font plus autant qu’avant la pluie et le beau temps. Mais le supplément du jeudi du Figaro reste courtisé par les éditeurs et se décline sur le Web, en forums et même en ateliers d’écriture.

On ne peut pas surestimer le plaisir avec lequel les amateurs de livres ouvraient les suppléments littéraires du «Figaro » et du «Monde » avant l'arrivée d'Internet. «J'ai acheté une valise entière de « Figaro littéraire » dans ma jeunessse et je l'ai toujours, » sourit Guillaume Allary, l'éditeur de « L'Arabe du Futur ».

Ce plaisir n'a pas disparu. Mais la lecture est concurrencée par les loisirs numériques, même chez les adultes; les journaux papiers se vendent moins bien et les figures d'autorité qu'étaient les critiques ne sont plus des oracles. A 70 ans dans son incarnation actuelle de cahier dans l'édition du jeudi (même s'il a été édité sous format magazine dans les années 60), « Le Figaro Littéraire » pourrait apparaître comme un bâteau luttant contre le courant.

Le Figaro ne dit pas si son édition du jeudi se vend mieux ou moins bien que les autres. Mais « à chaque fois que nous organisons des panels de lecteurs, nous percevons un fort attachement avec le suppplément littéraire, » dit Sophie Bengana, éditrice du pôle news et Madame. Etienne de Montety, directeur du «Figaro littéraire », répond de son côté que la masse des livres publiés relégitiment les bonnes publications comme la sienne pour faire le tri.

Le supplément reste en tous cas un carrefour de la vie littéraire française, notamment sur l'histoire et les romans, où il veille à conserver un ton libre. «Si les éditeurs s'en fichent de ce que nous disons, cela ne se voit pas, » s'amuse Etienne de Montety. Car lui et ses journalistes sont toujours sollicités par les professionnels du livre. Les éditeurs semblent acquiescer. «Le Figaro littéraire reste prescripteur, en tous cas chez nos lecteurs plutôt âgés et conservateurs », dit un responsable de maison d'édition. Pour Guillaume Allary, « même si une simple recension n'a plus l'impact d'il y a vingt ans, une critique enthousiaste peut toujours tirer les ventes ». Il précise que c'est encore sous le format papier que les critiques ont de loin le plus d'impact.

N'empêche que « Le Figaro littéraire » veut étendre ses antennes pour rester pertinent dans l'époque actuelle. Sur les réseaux sociaux, les scores restent modestes : il y a près de 15.000 fans sur la page Facebook du Figaro Culture, 57.500 followers sur le compte Twitter Figaro Culture et près de 6000 followers « très actifs et fidèles » sur le compte Twitter La Plume du Figaro. Mais la rubrique Livres/critiques littéraires pèse chaque mois au moins 500.000 visiteurs uniques (chiffres Google Analytics), dit-on au Fig.

Le Figaro édite et distribue également des livres avec l'estampille «Figaro littéraire ». «Nos lecteurs se sont précipités sur la bibliothèque idéale sous la direction de Jean d'Ormesson ou nos collections autour de la langue française », dit Etienne de Montety. A côté des critiques, le titre surfe en effet sur l'affection pour la langue de ses lecteurs. Le Forum dédié a atteint une audience de près de 200.000 visiteurs uniques en septembre.

Enfin, le titre organise des ateliers d'écritures à 2.000 euros pour 5 séances de trois heures pour ceux qui ont un projet littéraire. Il y en aura 10 l'an prochain.

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Source: lesechos.fr

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