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L'opérateur belge Proximus veut se séparer d'un salarié sur six

9 janvier 2019 17:20
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Le ministre du travail belge a avancé le chiffre de 1.900 licenciements, compensé par 1.250 recrutements.L'action a été suspendue, le groupe doit communiquer jeudi matin.

La nouvelle a pris tout le monde de court en Belgique. L'opérateur historique Proximus envisage la suppression d'environ 2.000 emplois, soit environ 15 % de l'effectif du groupe.

Mardi, le syndicat CGSP/ACOD a été le premier a s'émouvoir de « bruits de couloirs », rapidement confirmés par plusieurs médias belges , s'appuyant sur des sources internes. L'action du groupe a été suspendue, en attendant le communiqué officiel de l'opérateur, attendu jeudi matin.

Les marchés n'ont visiblement pas été les seuls surpris. Le gouvernement a également été mis devant le fait accompli - alors même que l'Etat détient encore plus de 53 % du capital de l'entreprise. Le Premier ministre Charles Michels a convoqué Dominique Leroy, la directrice de Proximus, mercredi matin.

A l'issue de cette entrevue, le ministre du Travail Kris Peeters a publiquement évoqué la possibilité de 1.900 licenciements, compensés en partie par 1.250 embauches. Soit une diminution nette de 650 postes, ou 5 % des 12.600 actuels employés.

« Il s'agit plus d'une modernisation de l'entreprise comme tous les opérateurs historiques en ont connu - de Telefónica à KPN en passant par Orange », estime Alexandre Iatrides, analyste chez Oddo. « Aujourd'hui, pour générer un revenu équivalent, Proximus a 50 % de plus de salariés que ses concurrents. C'est intenable dans la durée », ajoute Sylvain Chevallier de Bearing Point.

Le paradoxe est que Proximus se porte bien. L'opérateur contrôle près de la moitié du marché mobile belge, et 60 % du fixe selon le régulateur . Ses revenus progressent, ses marges également. « Avec un ratio de dette de 1,5 fois l'Ebitda, Proximus bénéficie de la meilleure note de crédit de l'industrie européenne des télécoms : A1 », relève Carlos Winzer, analyste chez Moody's.

Mais l'opérateur historique veut préparer l'avenir. Il n'en fait d'ailleurs pas mystère. La direction a préparé un nouveau plan à trois ans dont le mot d'ordre est #shifttodigital (« prendre le virage du numérique »). Jeudi matin à 8 heures, les syndicats doivent en prendre connaissance.

« Proximus avait déjà annoncé le départ d'environ 500 employés par an d'ici 2020 pour une économie annuelle de 100 millions d'euros. Ils semblent vouloir accélérer, pour être plus efficace. Leur marge d'Ebitda de 31 % est légèrement inférieure à la moyenne européenne de 35 % », fait valoir Carlos Winzer de Moody's.

Proximus se prépare aussi à un possible durcissement de la concurrence sur son marché. En juillet, le gouvernement avait appelé de ses voeux l'arrivée d'un quatrième acteur mobile - aux côtés de Proximus, Orange et Telenet - à l'occasion des enchères pour les fréquences 5G qui doivent avoir lieu en 2019.

« Ce n'est pas soutenable », s'émouvait alors la directrice de Proximus, soutenue par Stéphane Richard. « « Croire qu'un marché à quatre opérateurs mobiles, pour 11 millions d'habitants, serait viable est complètement illusoire », tonnait alors le patron d'Orange.

Face à un gouvernement dont les injonctions sont contradictoires (il veut à la fois des dividendes pour son budget et la paix sociale ainsi que des prix plus bas pour le consommateur), la direction de Proximus tente peut-être aussi de mettre son actionnaire face à ses responsabilités.

En sortant la carte « Restructuration » dès maintenant, Dominique Leroy peut faire prendre conscience aux autorités qu'une quatrième licence mobile se traduirait par des destructions d'emplois encore plus massives. Un peu comme en France, après l'arrivée de Free.

Source: lesechos.fr

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