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Astérix et la nouvelle Rome

10 janvier 2019 17:50
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La pépite française de la robotique Balyo fait un prix d'ami à Amazon.

Tous les chemins mènent à Rome, du moins à sa version contemporaine Amazon. Il y a trois ans, Fabien Bardinet, le patron de la start-up de robotique Balyo, se demandait s'il valait mieux choisir la Bourse ou un acquéreur industriel pour financer son développement fulgurant dans l'automatisation de la manutention. Celui qui avait participé à l'aventure d'Aldebaran, vendu douloureusement au japonais Softbank, va finalement faire les deux. Après l'entrée sur la place parisienne il y a un an et demi, il ouvre la porte de 30% de son capital à Amazon en échange de 300 millions de commandes d'ici sept ans.

Si elle confirme le pouvoir d'attraction de la « french tech », la transaction laisse néanmoins le sentiment ambigu qu'incapable d'amener au stade industriel ses pépites technologiques, l'écosystème tricolore n'est pas plus habile pour les valoriser au mieux.

Si les principaux actionnaires (dont Bpifrance) ont accepté cet avatar d'augmentation de capital réservée, c'est dans l'idée de se refaire plus tard. Mais Amazon pouvant tout aussi bien se contenter de 5% du capital en échange de 10 millions d'euros d'achats (soit la moitié du chiffre d'affaires de 2018), la Bourse a douté. C'est ballot !

Malgré les 45,8 millions d'euros levés lors de l'introduction en Bourse en juin 2017, Balyo, qui n'est pas encore rentable, ne disposait plus que de 16,9 millions de cash net au 30 juin dernier. L'accord avec Amazon pourrait lui apporter, outre 300 millions d'euros de chiffre d'affaires sur sept ans susceptibles de l'amener plus vite à l'équilibre, 35,6 millions d'euros de cash par la souscription de bons de souscription d'actions (BSA), soit 40% de sa capitalisation boursière à la veille de l'annonce.

Si Amazon passait 300 millions d'euros de commandes à Balyo d'ici trois ans, au lieu des sept ans prévus dans leur accord, et exerçait plus rapidement la totalité des BSA qui lui donnerait 30% du capital, la pépite française se trouverait alors valorisée, au prix d'exercice (3,03 euros par action), à moins de 122 millions d'euros, soit environ 5 fois son chiffre d'affaires de 2018 mais seulement 0,5 fois celui de 2022.

Sur la base des estimations de rentabilité des analystes à cette horizon (14% de marge opérationnelle pour des revenus estimés, avant l'accord avec Amazon, à 125 millions d'euros), la valorisation représenterait moins de 4 fois le résultat opérationnel, un multiple anormalement bas pour un secteur technologique.

Si, au bout de cette période, Amazon se portait acquéreur du solde du capital au même multiple que l'acquisition du roboticien Kiva Systems en 2012 (soit environ 8 fois le chiffre d'affaires), Balyo vaudrait alors pas loin de 1,8 milliard d'euros, plus que Fnac Darty ou Soitec, et un potentiel d'appréciation du titre de près de dix fois même après son rebond de 51,28% jeudi (à 4,72 euros).

Source: lesechos.fr

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